Renaissance du Château de Musinens - Bellegarde-sur-Valserine (Ain)

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Juin 2012

Marguerite de Navarre

Conférence « Marguerite de Navarre » par Annie Buchenot

Vendredi 8 juin, Annie Buchenot, présidente d’« Amilivre », présentait à un public de plus en plus fidélisé, une troisième femme de lettres française, Marguerite de Navarre. Ainsi, après George Sand en 2010, Christine de Pisan en 2011, c’est dans un exposé très structuré, comme elle en a l’habitude, que notre conférencière abordait les différentes facettes de la vie d’une princesse devenue reine et écrivain dans une période aussi brillante que violente, la Renaissance, et plus précisément la première moitié du xvie siècle.

Née en 1492 d’une mère fort connue, Louise de Savoie, Marguerite n’échappait pas à la prégnance d’une famille qui comptait : son oncle Philibert le Beau, duc de Savoie, son oncle Charles III duc de Savoie à la mort de Philibert, sa tante Philiberte morte en odeur de sainteté à Billiat et surtout ce frère cadet qu’elle adore, François, bientôt roi de France, François Premier à la mort de Louis XII. Elle seconde d’abord celui-ci dans les moments difficiles de son règne, en particulier pendant la grossesse de son épouse, la reine Claude.

Veuve du duc d’Alençon qu’elle avait épousé en 1509, elle se remarie en 1527 à Henri d’Albret, roi de Navarre à qui elle donnera Jeanne d’Albret. Cette dernière, par son union avec Antoine de Bourbon, sera la mère du roi de France Henri IV.

Issue d’un milieu particulièrement raffiné dans lequel on trouve les Valois, les Savoie, les Médicis, Marguerite était naturellement protectrice des belles lettres de l’époque. N’avait-elle pas pour valet de chambre le poète Clément Marot lui-même qui décrivait ainsi sa maîtresse : « corps féminin, cœur d’homme, tête d’ange » ?

Elle écrit aussi, bien sûr, en particulier après 1542 où, établie à Mont-de-Marsan, elle travaille à son « Heptaméron » inspiré du « Décaméron » de Bocace. Pour illustrer ce propos, Annie donnait lecture de quelques contes extraits de cette œuvre.

Partagée entre ce travail et les soucis du pouvoir, Marguerite connaissait bientôt les inquiétudes liées au conflit religieux grandissant. La Réforme faisait de grands pas en Navarre alors que son frère François, roi de France montrait, juste avant sa mort, une sympathie de plus en plus marquée pour un catholicisme intransigeant.

Le 21 décembre 1549, la « Marguerite des Marguerite » décédait à Odos-en-Bigorre, seule, son mari arrivant trop tard auprès d’elle. Elle repose dans la cathédrale de Lescar, nécropole des rois de Navarre.

C’est en levant un verre « à l’année prochaine ! » que l’assemblée remerciait Annie Buchenot pour cette soirée digne des précédentes.


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