Renaissance du Château de Musinens - Bellegarde-sur-Valserine (Ain)

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Avril 2014

Conférence Patricia Bifani

Pionnières dans l’art

Patricia Bifani a donné une conférence d’une grande qualité le mercredi 9 avril au Château de Musinens, le thème portait sur les femmes artistes de la Renaissance.
Elle a su nous entraîner avec elle auprès de ces femmes aux destins différents, au talent remarquable, à la capacité de travail sans mesure, en redonnant vie à chacune de ces artistes.
Un moment d’échange privilégié pour lequel nous remercions Patricia Bifani.

Il y a eu, dans l’histoire de l’art, très peu de femmes peintres et sculpteurs par rapport aux hommes artistes. Elles sont moins répertoriées dans les ouvrages d’art, moins exposées dans les musées, moins incorporées dans leurs collections, moins reconnues pour leur talent.

On se demande pourquoi. Est-ce-qu’elles peignent ou sculptent moins bien que leurs homologues de sexe masculin ? Est-ce-qu’elles ont une production artistique plus restreinte, moins riche, moins accomplie ? Ont-elles commencé plus tard à s’exprimer en tant qu’artistes ?

Patricia a souhaité contribuer à rendre justice à ces artistes et à partager notre émerveillement devant leurs œuvres remarquables.

Properzia de’ Rossi, sculptrice de la Renaissance
(Bologne, 1490 - 1530)

Properzia est née à Bologne, Italie, à une époque où la sculpture n’était pas un métier pour les femmes. Elle a commencé à ciseler des scènes bibliques dans des noyaux d’abricot et de pêche, avec une grande maîtrise. Elle sculpte des bas-reliefs mais sa touche personnelle est l’expressivité, le mouvement, l’élégance, le dynamisme des scènes.

La réputation de l’artiste arriva jusqu’à Clément VII qui voulut la connaître lors de son séjour à Bologne, mais la jeune femme était morte peu avant… (Vasari)

Sofonisba Anguissola
(Crémone, 1535 - 1625)

Portraitiste de grand talent, elle fut appelée à la cour du roi Philippe II d’Espagne, où elle fut dame d’honneur de la reine Élisabeth de Valois et artiste officielle de la famille royale. Sofonisba servit la famille royale espagnole pendant quatorze ans.

Lavinia Fontana
(Bologne 1552 - 1614)

Lavinia a été formée à l’art maniériste par son père, le renommé peintre Prospero Fontana, fondateur de l’Académie de peinture de Bologne. Elle n’a pas fait seulement des portraits, mais chose insolite à l’époque, elle a peint aussi des thèmes mythologiques et allégoriques Bologne 1552 -1614).

A l’âge de 25 ans, Lavinia épousa Gian Paolo Zappi qui était assistant peintre dans l’atelier de son père. Ils ont eu 11 enfants, dont seulement 3 survécurent. Bientôt, Gian Paolo abandonna sa carrière de peintre pour entrer au service de sa femme. C’est lui qui dessine les détails tels que les boutons ou les dentelles que Lavinia ne désire pas faire.

Artemisia Gentileschi
(Rome 1593 - 1653)

Comme ses consœurs, Artemisia était fille d’un peintre très connu, Orazio Gentileschi, maitre de file du « caravagisme » romain. Orazio adopta le réalisme et style du Caravage, qu’il transmettra à sa fille Artemisia.

Ayant perdu sa mère très jeune, Artemisia grandit dans l’atelier de son père. Elle n’était qu’une enfant quand elle mêlait déjà les pigments et préparait les toiles. Elle apprenait en même temps la rigueur du dessin.

Artemisia Gentileshi, (Rome 1593 - 1653) Susana y los dos ancianos


Elisabetta Sirani
(Bologne 1638 - 1665)

Elisabetta était l’ainée de Giovanni Andrea Sirani. Celui-ci ne remarqua pas le talent de sa fille par lui-même et ce fut son ami, l’écrivain Conte Carlo Cesare Malvasia qui lui conseilla de lui donner une formation à la dimension de son talent.

Outre la peinture elle était douée pour la harpe et la poésie et avait d’amples connaissances de la mythologie, la Bible et le latin. Elle passa à l’histoire comme une sorte d’enfant prodigue. Elle était tellement prolifique et son travail atteignait une perfection si grande que les mauvaises langues murmuraient que c’était son père qui exécutait ses tableaux.

Pour faire taire ces médisances, elle ouvrit son atelier au public et réalisa, en une seule séance de travail, un portrait d’une perfection inouïe

Conclusion

Il est merveilleux de voir l’accomplissement humain et ce que les gens peuvent faire, malgré les empêchements, les discriminations, le manque de liberté et les entraves. Il est aussi réconfortant de voir que les femmes ont pu imposer leur talent et même mener une vie qui a eu un sens pour elles-mêmes : Sophonisbe réussit à se marier avec l’homme choisi, malgré l’opposition des siens et à mener à bien son activité de peintre ; Properzia a su imposer son talent malgré les malveillances de collègues jaloux ; Lavinia a su donner cours à son talent en essayant de surmonter les terribles pertes de nombres de ses enfants, pour ne donner que quelques exemples. La volonté d’affirmation, de perfectionnement, de réalisation a donné ses fruits, même si l’histoire n’a pas été juste. Des personnalités fortes, cherchant à s’exprimer dans le domaine qui est le leur, ont réussi à développer leurs potentialités et à laisser leur empreinte dans le cours de l’histoire.

Quelques photos de l’inauguration de l’exposition de Patricia Bifani :


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