Renaissance du Château de Musinens - Bellegarde-sur-Valserine (Ain)

 
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2 avril 2022

Conférence de Patricia Bifani 14 mai 2022

Conférence : Les artistes plasticiens arabes contemporains
Samedi 14 mai 2022 à 18 h
au Château de Musinens

« C’est avec émerveillement et aussi avec un peu d’inconscience que je me penche sur cette immense fresque de plasticien(ne)s arabes contemporain(e)s. On entrouvre juste un peu la fenêtre, il faudrait des années de recherches et d’études pour les connaitre tous.
Ma première approche a été une attirance pour l’artiste algérien Rachid Koraïci, 1947. Entrant dans une galerie, une gravure d’un saisissant bleu et d’une calligraphie subtile, me frappe. Plus tard je découvre le peintre irakien, Shakir Hassan al Saïd, 1925. Sa façon particulière de maitriser l’abstraction, incorporant des signes de sa propre religion, se traduit dans une peinture d’un équilibre et d’un pouvoir de suggestion incroyable.
Etel Adnan, peintre, poétesse, journaliste libanaise, (1925), qui vient de mourir juste après avoir partagé les coulisses du Musée Guggenheim, à New York avec Vassili Kandinsky, éblouit par l’éclat de sa couleur et la richesse de la simplicité des formes. Hassan Massoudy, calligraphe Irakien (1944), avec sa nouvelle conception du signe, triomphe à Paris et ailleurs.
D’autres artistes plus provocateurs , tels que Adel Abdessemed, algérien( 1971), Kader Attia, algérien né en France en 1970 et Laila Muraywid, Syrienne (1956).
Abdessemed a exposé au MAC de Lyon, tout le troisième étage converti en immense chantier, avec des échelles, des brouettes, de l’ argile. Sur tous les murs, des dizaines d’ouvriers en argile travaillant fébrilement sous le joug des gardiens impitoyables.
Cette œuvre « Les damnés de la terre », montre le travailleur esclave.
Toujours dans la provocation, une sculpture d’Angela Merkel dans un champ de nudistes, Zidane donnant un coup de tête à son adversaire, Adel lui-même percé par une lance.
Mais n’oublions pas la tradition arabe des bâtisseurs, dont il nous reste encore l’évidence dans la forêt de colonnes de la Mosquée de Cordoue ou les murs brodés de signes de l’Alhambra, à Grenade, pour aboutir à l’incroyable architecte et urbaniste irakien, Zaha Hadid, 1950, qui joue avec les formes dans l’espace.
L’évocation de tous ces artistes ne saurait oublier un lieu, « Jardin d’Afrique », cimetière palatial et fleuri, construit par l’ artiste Rachid Koraïchi déjà mentionné à Zarzis, en Tunisie, pour accueillir les dépouilles des migrants morts en mer et rejetés par la Méditerranée. Le cimetière est sous la protection de l’UNESCO.
Tous les artistes mentionnés ont étudié à un certain moment en France et continuent à maintenir des liens avec ce pays.
Patricia BIFANI


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